Nutri-Score : Roquefort, pruneaux d’Agen… Faut-il exonérer nos bons produits du terroir ?

Recettes ancestrales et produits locaux face à de l’ultra-transformé. Des élus et producteurs demandent que les produits AOP et IGP ne soient pas soumis aux règles du Nutri-Score, dénonçant les limites du dispositif

  • Depuis plusieurs années, les consommateurs peuvent comparer la valeur nutritionnelle des denrées grâce au logo Nutri-Score apposé sur les emballages et qui n’est pas obligatoire
  • Mais des producteurs et certains élus, comme Carole Delga, la présidente d’Occitanie, demandent la révision de ce Nutri-Score estimant qu’il ne correspond pas à la réalité du « bien-manger ».
  • Ce « lobbying » agace dans les milieux scientifiques, et notamment le nutritionniste Serge Hercberg.

Un Nutri-Score à la carte ? C’est ce que souhaiterait la présidente de la Région Occitanie Carole Delga (PS), ainsi que d’autres élus et producteurs qui défendent l’exclusion des produits AOP (appellation d’origine protégée) et IGP (indication géographique protégée) de cette notation. La raison ? De nombreux produits labellisés français, tel que le Roquefort ou encore les fameux pruneaux d’Agen obtiennent des notes allant de D à E quand des sodas ou autres produits ultra-transformés s’en sortent avec de jolis A ou B. Pour rappel, le Nutri-Score est un outil de santé publique qui permet d’apposer un logo sur les emballages informant sur la qualité nutritionnelle des produits avec des notes allant de A à E.

Une notation qui fait tiquer certains, notamment concernant la pertinence pour les consommateurs. « Le Nutri-Score ne tient pas compte des qualités nutritionnelles. Prenons l’exemple du Roquefort, il est riche en protéines, en calcium, en micronutriments et acides gras insaturés. Il n’est pas comparable à un produit ultra-transformé », explique Carole Delga dans un fil Twitter après une visite en Aveyron.

Comparer l’incomparable
Carole Delga estime également que ce Nutri-Score ne prend pas en compte la réalité de consommation de ces produits : « L’algorithme réalise sa classification en se basant sur une portion fixe de 100 g ou 100 ml. Les fromages sont donc automatiquement notés E ou D. Cela ne correspond pas à la consommation réelle d’un produit comme le Roquefort ou l’huile d’olive ». Effectivement, le Roquefort est rarement consommé en portions gargantuesques.

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