Jeudi 16 avril, l’Autorité française de la concurrence a sanctionné le syndicat des magasins bio et dans une moindre mesure des filiales des géants de la grande distribution Carrefour et Intermarché, avec 12,67 millions d’euros d’amendes au total. Ils ont été reconnus coupable d’avoir formé une entente au détriment des consommateurs.

Leur combine aura duré sept années. L’Autorité française de la concurrence a sanctionné jeudi 16 avril 2026, le syndicat des magasins bio et dans une moindre mesure des filiales des géants de la grande distribution Carrefour et Intermarché pour avoir formé une entente empêchant les consommateurs de comparer les prix. Ils ont été condamnés à une amende de 12,67 millions d’euros au total.
La « stratégie collective » visait « à empêcher la commercialisation des mêmes marques de produits bio au sein » des magasins spécialisés d’une part et des grandes surfaces généralistes d’autre part « afin d’éviter une comparabilité des prix entre les deux circuits », a expliqué dans sa décision l’autorité de régulation.
Des différences de prix de 30 %
Cette stratégie s’est faite au détriment des consommateurs, a souligné lors d’une conférence de presse Thibaud Vergé, vice-président de l’Autorité de la concurrence, évoquant des « différences de prix de l’ordre de 30 % » pour les mêmes produits, plus chers dans les magasins spécialisés.
Synadis Bio, qui représente des enseignes comme La Vie Claire, Biocoop, Naturalia (filiale de Casino) ou Accord Bio, a écopé de la plus forte amende, de 10 millions d’euros, pour avoir mis en place cette stratégie de mars 2017 à octobre 2024.
« Les adhérents au syndicat ont décidé collectivement de s’interdire de distribuer dans leurs magasins des produits qui seraient commercialisés » dans les enseignes généralistes et « inversement, d’empêcher la commercialisation en circuit alimentaire généraliste des marques qu’ils distribuent », estime l’instance. Et ce, « au point où certains fournisseurs, finalement, sont contraints d’avoir deux marques pour le même produit », a commenté Thibaud Vergé.
Carrefour va contester la décision
Sollicité par l’AFP, Synadis Bio, n’a pas répondu dans l’immédiat. Le syndicat représente 2 000 magasins qui réalisent environ trois milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et pèsent selon lui 40 à 50 % de la distribution bio en France et 15 000 emplois.
D’autres sociétés « ont également participé activement » aux pratiques dénoncées jeudi, de manière plus ponctuelle, selon l’Autorité. Parmi elles, Greenweez, spécialiste de la vente en ligne de produits bio, racheté par Carrefour en 2016, est sanctionné à hauteur d’1,85 million d’euros, « solidairement avec sa société mère ». Contacté par l’AFP, le groupe Carrefour a indiqué qu’il allait « contester la décision ».
Une amende de 740 000 euros est en outre infligée à ITM Entreprises solidairement avec sa société mère Les Mousquetaires, tandis que Les comptoirs de la Bio, enseigne spécialisée bio du groupement Mousquetaires/Intermarché, écope de 80 000 euros d’amende. « Nous analyserons cette décision en vue d’un éventuel recours », a indiqué à l’AFP le groupement Mousquetaires.


























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