Noma, temple de la cuisine nordique moderne est aujourd’hui dans la tourmente. Entre pression constante, humiliations et violences physiques, plusieurs anciens employés dénoncent le management toxique du chef star René Redzepi.

C’est, depuis quelques années, l’un des restaurants les plus influents de la gastronomie contemporaine. Noma, à Copenhague, a été élu meilleur restaurant du monde par le 50 Best à cinq reprises. A sa tête, le chef danois René Redzepi.
Aujourd’hui, l’adresse fait l’actualité non pour sa cuisine, mais pour le comportement de son chef. Le dépeignant comme particulièrement autoritaire, le New York Times a publié un article le samedi 7 mars mettant en lumière un management pour le moins toxique, illustré de nombreux témoignages. Climat difficile, pression constante, humiliations et violences régulières, l’enquête du média américain dépeint un véritable cauchemar en cuisine, où les témoignages relaient des violences autant psychologiques que physiques.
C’est l’histoire d’un maniaque qui engendrait une culture de peur
Jason Ignacio White, ancien responsable du laboratoire de fermentation de chez Noma, prend la parole début février via Instagram. Un post dans lequel il dénonce le comportement du chef René Redzepi. « Noma n’est pas une histoire d’innovation. C’est l’histoire d’un maniaque qui engendrait une culture de peur, d’abus et d’exploitation”. Il condamne les violences répétées exercées sur les employés, et partage des captures d’écran de plusieurs anciens membres de l’équipe. “Il ne pouvait pas frapper les gens pendant le service, alors il les piquait sous la table avec une fourchette à barbecue” précise l’un des messages.
Des violences physiques qui semblent avoir été monnaie courante. Un chef australien qui a travaillé chez Noma en 2012 raconte ainsi au New-York Times que l’erreur d’une personne pouvait coûter cher à toute l’équipe : “Il est passé sur chacun d’entre nous et nous a donné des coups de poing dans la poitrine”.
Je me suis engagé à changer
Suite à ces accusations, le Chef a précisé au New York Times avoir entamé une thérapie et développé : « de meilleures façons de gérer sa colère. Bien que je ne reconnaisse pas tous les détails de ces témoignages, j’y vois suffisamment de ressemblances avec mon comportement passé pour comprendre que mes actions ont nui à mes collaborateurs. À toutes celles et tous ceux qui ont souffert de mon leadership, de mes erreurs de jugement ou de ma colère, je présente mes plus sincères excuses et je me suis engagé à changer”.